L'identité est une scorie, un résidu inutile. Peu importe le nom gravé sur la plaque de porte.
Ce qui compte, c'est la trajectoire du scalpel dans la chair du réel.
Le quoi : Cartographier des ombres
Je ne cherche pas à séduire, mais à observer.
Mon travail est une tentative de cartographier ce qui reste quand le bruit s'arrête : la texture du béton qui s'effrite, la rigueur clinique d’une ombre portée, la beauté malade d'un vert olive délavé.
Mon écriture et mes images ne sont pas des divertissements. Ce sont des immersions dans une esthétique de la décomposition organique et de la mélancolie urbaine.
Je traque l'émotion là où elle se cache : dans les recoins sombres et les architectures oubliées.
Le comment : le manifeste de l'Instabilité
Mon art n'est pas une œuvre. Mon art est un mouvement.
Je ne suis pas un artiste. Je suis un processus. Un flux permanent, une onde qui se redessine sans cesse, qui refuse la cristallisation, qui combat la mort tranquille des formes définitives.
Ma versatilité n'est pas un défaut. C'est ma signature, mon ADN artistique, ma respiration même. Chaque changement est un fragment de mon être, chaque nouvelle création une cicatrice, un aveu, un cri.
Et voici les 3 règles de mon Chaos
1- Rien n'est définitif
Je me contredis ? Tant mieux. Je me contredis. Je suis multiple.
Walt Whitman l'a dit avant moi : "Je suis large, je contiens des multitudes."
2- La Stabilité est une Illusion
Croire en un style unique, c'est croire au mensonge de l'identité figée. Je suis un archipel, pas une île. Mes territoires se déplacent, se transforment, s'érodent et renaissent.
3- L'Addiction à la Nouveauté est ma Liberté
Ce que vous appelez addiction, je le nomme curiosité absolue. Chaque nouvelle technique, chaque nouveau média est un territoire à explorer, un langage à décrypter, une peau à endosser.
L'esthétique du provisoire
Je ne cherche pas la perfection. Je cherche l'intensité.
Un jour, je peins. Le lendemain, je crée une musique. Puis je filme un court-métrage expérimental. Le médium importe peu. Seule compte la vibration, l'émotion qui traverse ces différents supports.
Mon instabilité n'est pas un manque. C'est un excès. Un trop-plein. Une incontinence créative qui refuse les frontières, qui explose les cadres.
- Je refuse la cohérence
- Je célèbre la contradiction
- Je suis le flux.
Mon art n'est pas un produit. C'est un verbe. Un verbe à tous les temps, à tous les modes.
Éloge du fragment
Chaque œuvre est un fragment. Chaque fragment est une œuvre.
Mon identité artistique ? Un puzzle jamais terminé, en re-création permanente. Un autoportrait kaléidoscopique où rien n'est stable, où tout bouge, où tout respire.
On me dira : "Mais où est ton style ?"
Je répondrai : "Mon style, c'est le mouvement."
Je ne suis pas un artiste. Je suis un devenir.